Le saviez-vous ? Chaque automne, les vestiges du bain thermal romain refont surface
21 de octobre 2025

Au cœur de la frontière entre Aragon et Navarre, là où le paysage se mêle intimement à l'histoire, se manifeste un phénomène aussi inattendu que captivant : les ruines de l'ancien village de Tiermas et de son bain thermal romain surgissent des eaux du barrage de Yesa, tel un secret que seuls ceux qui savent attendre voient se révéler.

 

Une histoire submergée

 

Dans les années 1960, la construction du barrage de Yesa transforma en profondeur la vie de centaines de familles. Les villages de Ruesta, Escó et Tiermas durent être évacués, abandonnant leurs maisons, leurs rues et leurs temples aux eaux montantes. Tiermas, pourtant, conservait un trésor que ni le temps ni les flots n'ont su effacer : un bain thermal d'origine romaine, dont les sources bienfaisantes sont fréquentées depuis des siècles pour leurs vertus curatives.

La première mention de ces eaux remonte à l’an 1131, alors qu'un hôpital accueillait déjà les plus démunis. Au fil des siècles, les thermes se muèrent en un véritable sanctuaire du bien-être, offrant bains minéraux et médicinaux, ainsi que des sources dont on venait boire les vertus. Aujourd'hui, cet héritage réapparaît fugitivement chaque année.

Lorsque le niveau du réservoir s’abaisse au-delà de 29 % de sa capacité — un phénomène qui survient le plus souvent entre septembre et octobre, à la fin de la saison d'irrigation —, les ruines de Tiermas semblent reprendre vie. Dans la partie la plus basse du village, des eaux sulfureuses jaillissent à plus de 40 degrés, façonnant des bassins naturels où l'on distingue encore, à la surface, les bulles qui trahissent leur souffle souterrain.

Leur parfum distinctif, évoquant le soufre, annonce la présence de ces eaux qui, pendant des siècles, ont servi à soulager diverses affections cutanées, telles que le psoriasis, la dermatite ou l'acné. Aujourd'hui, loin du faste d'antan, le bain thermal a conservé son caractère populaire et libre : des visiteurs venus des quatre coins viennent s’y immerger, gratuitement, au cœur d’une nature intacte.

 

Comment s'y rendre et quand visiter

 

L'accès à Tiermas ne présente pas de difficulté majeure, mais invite à une petite part d'aventure. Depuis Jaca, par la N-240, ou depuis Saragosse en passant par Sos del Rey Católico, on parvient à une zone aménagée pour le stationnement. De là, un sentier interdit à la circulation monte jusqu’au village abandonné. Le chemin, parsemé de quelques irrégularités, reste praticable à pied.

Le moment idéal pour découvrir Tiermas se situe à la fin de l'été et au début de l'automne, lorsque le réservoir s’abaisse et que les thermes renaissent à la lumière. Pensez à emporter des chaussures confortables, un maillot de bain et une serviette... et surtout, laissez-vous guider par la curiosité et l’émerveillement.

 

Séjournez au Parador de Sos del Rey Católico

 

Pour parfaire cette escapade hors du temps, rien de plus enchanteur que de séjourner au Parador de Sos del Rey Católico, à quelques kilomètres de Tiermas. Situé dans une demeure seigneuriale aragonaise au cœur d’une cité médiévale fortifiée, ce Parador offre un cadre de repos, avec des vues sur les montagnes.

Sos del Rey Católico se révèle comme une destination à part entière. Ses ruelles pavées, sa muraille ponctuée de sept portes, son château, la Casa de la Villa du XVIe siècle, l'ermitage de Santa Lucía et le quartier haut, ancien quartier juif, composent un cadre idéal pour les amateurs d'histoire et de randonnée.

 

RÉSERVEZ AU PARADOR DE SOS DEL REY CATÓLICO