Bien avant de devenir un itinéraire de randonnée et de cyclotourisme, la route de l'Argent était déjà l’une des grandes voies de communication de la péninsule Ibérique.
Son origine remonte à l’époque romaine, lorsque cette voie reliait d’importants centres urbains de l’ouest de la péninsule. Des siècles plus tard, son tracé demeure une référence pour tous ceux qui souhaitent découvrir le territoire à travers son histoire, son patrimoine et ses paysages.
Entre l’Estrémadure et la Castille-et-León, le sentier naturel de la route de l'Argent permet de renouer avec une partie de cet héritage en traversant des villes monumentales, des dehesas (pâturages) et des paysages ruraux qui ont su préserver une grande part de leur identité.
Un chemin vieux de deux mille ans

Le nom « route de l'Argent » ne fait pas référence au métal précieux, mais à l’évolution populaire de la dénomination donnée à l’ancienne voie romaine.
Pendant des siècles, elle fut empruntée par des marchands, des voyageurs, des militaires et des pèlerins. Aujourd’hui, une grande partie de son parcours peut être parcourue en suivant le chemin naturel de la route de l'Argent, qui reprend plusieurs tronçons historiques et relie quelques-uns des principaux sites patrimoniaux de l’ouest de l’Espagne.
Parcourir cet itinéraire, c’est traverser un territoire où chaque étape est marquée par les différentes cultures et les grandes périodes de l'histoire.
Plasencia, porte d’entrée de l’itinéraire

Plasencia est l’un des points forts de l’itinéraire. La ville possède un remarquable patrimoine monumental, composé de remparts médiévaux, de palais Renaissance et de l’une des cathédrales les plus singulières d’Espagne, issue de la jonction de deux édifices construits à des époques différentes.
C’est d'ici que part l’étape menant à Jarilla, l’une des plus connues du chemin naturel de la route de l'Argent.
Parcourir les rues du centre historique avant de reprendre la route permet de mesurer l’importance stratégique qu'a revêtue la ville au fil des siècles.
Le paysage de la dehesa d’Estrémadure

Au-delà des centres urbains, le chemin traverse l’un des paysages les plus emblématiques de l’Estrémadure : la dehesa.
Chênes verts et chênes-lièges dessinent un vaste territoire où cohabitent élevage, agriculture et biodiversité. Ce paysage évolue au fil des saisons et fait partie intégrante de l’identité culturelle et économique de la région.
L'immensité du paysage fait de chaque étape une occasion de découvrir le territoire sous un autre regard.
Mérida, une ville bâtie sur l’histoire

L’itinéraire mène ensuite à l'un de ses grands sites de référence : Mérida. Fondée comme colonie romaine en 25 av. J.-C., la ville conserve l’un des ensembles archéologiques les plus remarquables d’Europe. Le théâtre romain, l’amphithéâtre, les ponts historiques et le musée national d’Art romain permettent de mesurer l'importance qu'elle a acquise durant l’Antiquité.
À quelques pas de là se trouve le Parador de Mérida, installé dans l’ancien couvent baroque de Jesús. Ses patios et ses jardins conservent encore des vestiges archéologiques qui rappellent les différentes périodes de l’histoire de la ville.
Un itinéraire pour marcher et comprendre le territoire

La route de l’Argent n’est pas seulement une succession de monuments ou d’espaces naturels. Son principal attrait réside dans le lien étroit qui les unit.
Tout au long du parcours se succèdent villes historiques, petits villages, vastes dehesas et des chemins empruntés depuis des siècles par des voyageurs de toutes les époques.
C’est une façon de parcourir l’Estrémadure en suivant l’un des grands itinéraires historiques d’Espagne et de constater combien le paysage et le patrimoine restent indissociables.