Située au nord-est de la province de Guadalajara, au cœur du Señorío de Molina, cette ville historique conserve le charme médiéval de ses rues pavées, de ses murailles imposantes et du château majestueux de Molina de Aragón, l’un des plus grands d’Espagne. Un lieu où le temps semble s’être arrêté et le cadre idéal pour accueillir le nouvel établissement du réseau Paradores.
L’aube se lève sur le territoire de l’ancien royaume de Castille. La terre, reconnaissante des dernières pluies, verdit et teinte les douces collines de la plaine fertile du fleuve Gallo. Au loin, dominant l’horizon, se dresse le témoin pierreux des temps passés : c’est le château de Molina de Aragón, un village qui, malgré son nom, se trouve à trente kilomètres de la frontière avec Saragosse et Teruel.
C’est en d’autres temps, lorsque les frontières variaient comme les saisons et que le califat de Cordoue vivait ses derniers jours, que cette ville, capitale de la petite taïfa de Molina, a été mentionnée pour la première fois. Et c’est dans l’une des quintessences de l’héroïsme castillan : El Cantar de Mío Cid (Le Poème du Cid).
Cependant, la reconquête progresse et, à peine un demi-siècle après que le Campeador s’y soit réfugié, la ville tombe entre les mains chrétiennes d’Alphonse Ier le Batailleur. Mais elle devint rapidement une seigneurie indépendante, avec sa propre charte, sous la propriété de Manrique Pérez de Lara. Située entre la Castille et l’Aragon, Henri II voulut en faire cadeau à son connétable, d’origine française, mais les habitants se révoltèrent et Molina, qui s’appelait auparavant « de los Caballeros », fut offerte au roi aragonais, qui l’accepta dans ses possessions, ce qui se reflète encore dans son nom.
Ce caractère frontalier et central de son territoire a favorisé le développement de la ville, que l’on peut encore observer aujourd’hui dans ses rues étroites et ses imposantes demeures, comme le palais du vice-roi de Manille, le palais des marquis de Villel ou le palais de la famille Molina. Le château, la plus grande forteresse de Guadalajara, veille sur elle et la protège. Sa partie intérieure, où se trouvaient les chambres du seigneur de Molina, conserve quatre des huit tours qu’elle possédait autrefois, toutes reliées par un parapet crénelé. L’enceinte extérieure, à laquelle on accède par la porte de l’horloge, abritait autrefois l’un des quartiers, avec une église romane dont il ne reste aujourd’hui que le début des murs. Au nord, seule, se dresse la tour d’Aragon. La ville possède d’autres structures défensives, comme les tours et la muraille qui descendait jusqu’à la rivière en passant par le quartier juif, qui possédait une synagogue dans l’actuel site archéologique du Prao de los Judíos, au pied du château.

De l’autre côté de la rivière, sur une hauteur offrant une vue imprenable, le nouveau Parador de Molina de Aragón se fond dans son environnement, comme un bastion de conception moderne et durable qui s’engage en faveur du tourisme durable et de la revitalisation des zones rurales : ce n’est pas en vain que son origine remonte à 2005, lorsque le gouvernement s’est engagé à promouvoir la reprise économique de la région après un tragique incendie de forêt. Deux décennies plus tard, ce projet s’est concrétisé dans un nouveau bâtiment.
Le Parador de Molina de Aragón respecte l’environnement et dialogue avec le paysage grâce à des matériaux nobles tels que la pierre et le verre. Tout est orienté vers le château, que l’on peut voir depuis les grandes fenêtres, les chambres et l’espace gastronomique. La nuit, les jeux de lumière l’intègrent à la ligne d’horizon illuminée de la villa.
Vingt-quatre chambres, dont deux suites Junior, toutes dotées de terrasses et de vues imprenables, créent une oasis de détente pour le voyageur.
Au-delà du confort, le nouveau parador est aussi un engagement pour la mémoire. Son intérieur abrite une proposition artistique née du souvenir de l’incendie de 2005, avec comme point de départ une photographie de la forêt brûlée de Selas, une œuvre d’Eduardo Nave. À partir de là, l’art contemporain de cinq autres artistes - Candela Muniozguren, Santiago Giralda, Rosa Brun, Santiago Picatoste et Roger Coll - entraîne l’étage dans un voyage qui allie réflexion et espoir. De plus, la décoration renforce ce dialogue entre mémoire et modernité en s’inspirant de l’architecture traditionnelle de Molina, avec des tons terre, vin et moutarde.

RÉSERVATION AU PARADOR DE MOLINA DE ARAGÓN
Le Parador comme point de départ
Au Señorío de Molina, culture et nature, histoire et gastronomie, paysage et tradition se conjuguent magistralement. Le Parador est le point de départ idéal pour explorer les sentiers qui traversent ces terres et pour un repos bien mérité après une journée pleine de sensations et de découvertes.
L’une d’entre elles est le château de Zafra. Perché sur une falaise, il fut le décor de plusieurs séquences de Game of Thrones et le protagoniste, plusieurs siècles auparavant, d’une rébellion, celle de Gonzalo Pérez de Lara, qui se termina par la Concordia de Zafra et la perte de l’indépendance de la seigneurie de Molina, désormais intégrée au royaume de Castille.

Tout près de Molina se trouve également le village de Ceremeño, que l’on peut visiter sur réservation et qui est l’un des meilleurs exemples de la culture celtibère dans ces terres.
Mais c’est surtout le parc naturel du Haut-Tage qui constitue une attraction incontournable pour les amoureux de la nature. Dans une zone où la rivière est le protagoniste, des cascades, des lagunes, des points de vue et des zones de baignade s’ouvrent parmi les pins, les genévriers et les tilleuls. Des environnements tels que la lagune de Taravilla, des cascades comme celle de Poveda ou des piscines naturelles comme celle du pont de San Pedro offrent des paysages parfaits pour se promener et profiter de la région. Les mines de sel historiques de Saelices de la Sal complètent une offre qui mêle beauté naturelle et patrimoine traditionnel, le Parador étant la nouvelle porte d’entrée de cet univers de contrastes.

Saveurs de Molina
La carte du Parador de Molina rend hommage à une région où la gastronomie est profondément liée à l’histoire, à l’environnement et aux traditions. La cuisine de Molina reflète l’identité d’une terre de passage et de rencontre, marquée par la confluence de différentes cultures et époques. Ses racines remontent à l’époque médiévale et ont laissé une empreinte indélébile sur la culture locale, les fêtes et les traditions.
Parmi ses spécialités, les plus remarquables sont le bacalao (morue) de arriero, une recette traditionnelle de ceux qui transportaient les marchandises à dos de mulets, et les migas à la lavande, un héritage direct de l’élevage de bergers. D’autres ingrédients remarquables sont le gibier, comme le sanglier et le cerf, ainsi que les champignons et les truffes, qui enrichissent les plats en automne.
La pâtisserie a également sa propre empreinte : la célèbre « pata de vaca » (patte de vache), une génoise fourrée à la crème et recouverte de chocolat, ou des douceurs typiques, comme le gâteau de San Blas et les beignets aux pommes.
Engagement envers le territoire
Depuis ses débuts, Paradores s’est fortement engagé dans le développement des communautés où ses établissements sont situés, en étant un stimulant puissant qui contribue au développement local de nombreuses manières
Le nouveau Parador de Molina favorise la création d’emplois, la protection du capital naturel de l’environnement, la promotion de la culture et la préservation de l’offre gastronomique locale, en apportant un dynamisme économique et en améliorant, en somme, la qualité de vie des habitants de la région grâce à une gamme de services et d’actions durables adaptés aux nouvelles réalités sociales.