Certaines constructions ne se contentent pas d’éclairer la nuit : elles nourrissent aussi l'imagination. Érigés sur des caps solitaires et des falaises indomptables, les phares ont été pendant des siècles les gardiens silencieux de la mer. Du légendaire phare d'Alexandrie, au IIIe siècle avant J.-C., aux tours qui veillent aujourd'hui sur nos côtes, leur mission reste immuable : guider, protéger et résister.
En Espagne, 191 phares classés au patrimoine dessinent un itinéraire fascinant entre océans et mers. Nombre d’entre eux se dressent dans des enclaves privilégiées où le paysage semble suspendre le temps. Chacun recèle des récits de tempêtes, de naufrages, de légendes et de vies consacrées à la surveillance de l'horizon.
Nous vous invitons à emprunter quatre itinéraires permettant de découvrir quelques-uns des phares les plus emblématiques du pays, à savourer en complément de séjours inoubliables chez Paradores, où le repos se conjugue aux saveurs authentiques de la mer.
Le dernier coucher de soleil d'Europe
S'il est une terre où les phares semblent appartenir à l’âme même du paysage, c'est bien la Galice. Plus de 40 tours lumineuses veillent sur sa côte escarpée, frappée par des courants puissants et enveloppée de brumes légendaires.
Parmi elles, la tour d'Hercule, à La Corogne, se distingue par son histoire exceptionnelle. Érigée au Ier siècle après J.-C., elle est le plus ancien phare encore en activité au monde et est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mythologie et histoire s'y mêlent : la tradition raconte qu'Hercule aurait élevé la tour sur la tombe du géant Géryon.
MPlus au sud, le phare de Fisterra symbolise la « fin du monde » romaine et marque la fin spirituelle de nombreux pèlerins du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

À seulement 30 kilomètres, un site encore plus exceptionnel s’avance dans l’Atlantique : le phare du Cap Touriñán. Perché sur une péninsule, il offre, pendant quelques semaines par an, le dernier coucher de soleil de l'Europe continentale. Dominant la mer de ses 60 mètres, sa lumière porte sur près de 37 kilomètres. S’installer face à son horizon devient alors un véritable moment de calme.

Non loin de là, le Parador Costa da Morte prolonge cette sensation de quiétude. Fondé dans le paysage et ouvert sur l'océan, son architecture en terrasses et ses matériaux naturels captent toute l'essence de l'Atlantique. C’est un refuge contemporain où les histoires de naufrages et les légendes maritimes semblent chuchoter entre pierre et bois.
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Le phare qui veille sur le désert et la mer
À l'extrémité sud-est de la péninsule, la Méditerranée se révèle sauvage et minérale. Érigé en 1861 sur l'ancien château de San Francisco, le phare du Cap de Gata domine un paysage volcanique d'une beauté presque lunaire.

À ses pieds s'étend l'Arrecife de las Sirenas, formation rocheuse d'origine volcanique émergeant de l'eau comme une sculpture naturelle. Depuis ce point de vue, le panorama sur la plage de Las Salinas et l'horizon méditerranéen est tout simplement inoubliable.
L'itinéraire peut ensuite se prolonger jusqu'au phare de Mesa Roldán, le plus élevé de la province au-dessus du niveau de la mer. À ses côtés, la tour historique Roldán, datant du XVIIIe siècle, demeure le témoin silencieux des incursions pirates et le gardien vigilant de la côte de Carboneras.

Le Parador de Mojácar est le lieu privilégié pour séjourner et explorer cette côte éclatante de lumière. En bord de mer, offrant une vue panoramique sur la mer, il propose une gastronomie raffinée qui marie produits de la mer à la tradition d'Almería. Un véritable havre de paix où la Méditerranée imprime son rythme au repos.
RÉSERVEZ AU PARADOR DE MOJÁCAR
Lumière blanche sur sable infini
Dans la province de Tarragone, le delta de l'Èbre révèle un paysage d’une tout autre nature : un vaste horizon de dunes, de rizières et de lagunes, où le ciel semble se confondre avec la terre.
C'est là que se dresse le phare du Fangar, surnommé « La Faroleta ». Sa silhouette blanche et rouge, émerge au cœur d’un paysage de sable. On l’atteint au terme d’une agréable marche qui invite parfois à se mouiller les pieds. Érigé en 1864, le phare originel a subi les assauts des inondations et des incendies avant d’être reconstruit et automatisé. Pourtant, malgré ces transformations, il a su préserver toute la force de son aura mystérieuse. Les récits populaires évoquent même d’étranges présences qui arpenteraient son intérieur lors des nuits de tempête.

À un peu plus d'une demi-heure de route s’élève le Parador de Tortosa, adossé aux murailles du château historique de la Zuda. Dominant l'Èbre et la ville, il marie avec élégance l’atmosphère médiévale aux conforts contemporains. Après une journée passée entre dunes et marais, sa cuisine régionale et son ambiance paisible invitent à prolonger le séjour.
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Les sentinelles de la Costa del Sol
Dans le port de Malaga s’élève l'un des phares les plus caractéristiques du pays, le phare de Málaga (Farola de Málaga). Érigé après la guerre d'indépendance, il a résisté aux tremblements de terre et aux conflits armés, devenant un véritable symbole de la ville. Sa silhouette, visible à la fois depuis la mer et depuis le mont de Gibralfaro, s’est intégrée au paysage de Malaga.

La province recèle également d'autres phares remarquables, comme le phare de Torrox, entouré de vestiges romains, ou le phare de Calaburras, pionnier dans le balisage aérien.

Pour contempler la baie depuis les hauteurs, le Parador de Málaga Gibralfaro s’impose comme le lieu idéal. Perché sur le mont du même nom, il offre une vue panoramique spectaculaire sur le port et sur La Farola de Málaga. Depuis les chambres, la piscine ou le restaurant, la mer et ce phare emblématique accompagnent chaque instant du séjour.